Entrepreneuriat féminin au Mali entre défis et opportunité

La femme malienne est de nature entreprenante. Que ça soit nos mamans dans les champs ou  potager aux villages ou celles qui excellent dans le petit commerce dans les marchés des grande villes en passant par celles qui lancent des startups aujourd’hui dans le secteur des technologies. Selon les statistiques de la BAD, 65% des biens du continent sont produits par les femmes. Un rapport de l’institut Roland Berger 24 % des femmes créent leurs entreprises le taux le plus élevé au monde. Malgré tout, les femmes sont les plus touchées par la pauvreté.

En dépit de leur courage exceptionnel à entreprendre, les activités économiques ne profitent que peu aux femmes africaines.  Georges Monbiot dira que : « si la richesse était le résultat inévitable du  travail intense et de entrepreneuriat, toutes les femmes en Afrique seraient des millionnaires ». Pour dire combien les résultats ne sont pas à la hauteur des efforts  des braves femmes.

Au Mali le taux le plus élevé d’analphabétisation se constate chez les femmes à l’inverse des hommes, ce qui pourrait expliquer en partie la difficulté pour elles d’accéder aux technologies et aux formations pour optimiser leurs entreprises.

Les femmes maliennes conçoivent entrepreneuriat comme une activité  annexe qui permet de couvrir les petites dépenses familiales. Avec cette mentalité, il est difficile de développer les business.

Cependant, il est important de souligner que dans le milieu rural, on constate que les femmes n’ont pas accès aux terres arables, et bénéficient très peu des avantages de leur travail. Par ailleurs, le poids des travaux familiaux que la tradition attribue généralement à la femme seule, sur l’essor des entreprises. La liberté et le temps des jeunes filles sont restreintes au nom de convenances sociales notamment le mariage. Dans l’esprit de certains hommes, une femme entreprenante et ne peut pas être une bonne épouse.

La plupart des entrepreneures au Mali sont dans le secteur dit informel. Elles ne bénéficient ni de couverture sociale ni des appuis à entrepreneuriat. Elles n’ont donc pas accès aux institutions de financement conventionnel. Les femmes ont recours à la micro finance ou aux tontine pour financer leurs activités. La limitation de ces fonds ne permette pas aux entreprises d’atteindre une certaine maturité.

Aujourd’hui, nous devons aller au-delà des discours grandiloquents, de vraies politiques et initiatives sont nécessaires pour réduire les inégalités concernant entrepreneuriat féminin. Il faut permettre l’accès aux financements et aux formations et mettre l’accent sur la reconnaissance et la valorisation du travail.  Apporter un appui et une réglementation dans le secteur informel permettra aux femmes d’optimiser leur travail et d’augmenter les revenus.

Au Mali ou en Afrique ce sont les femmes qui font l’économie, aider les femmes c’est contribuer à l’émergence économique.

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